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Evolution des prix

15/10/2008 - Lu 1200 fois
Avec la conjoncture mondiale du marché de coton, la dépréciation du dollar par rapport à l’euro, le secteur cotonnier ouest africain se trouve dans l’une des crises les plus importantes de son histoire.

Un grand nombre de facteurs influencent les prix du coton. A titre d'illustration nous pouvons citer les différences dans les variétés cultivées ainsi que la qualité des fibres obtenues, et à cet égard, la détermination des prix du coton Egyptien à longue fibre est particulière.
De la même manière, le processus de formation des cours du coton sur le marché américain est atypique, puisqu'il est fortement influencé par les soutiens gouvernementaux accordés à ce secteur. Les particularités de la filière cotonnière mondiale combinée aux politiques nationales des grands pays producteurs en la matière ont engendré une segmentation relative des prix du marché international.

Les prix de référence internationaux sont donc généralement négociés quasiment au comptant (ou à livraison différée rapprochée, sur une période de 2 à 4 mois maximum). Il s'agit des indices déterminés par le Cotton Outlook sur la base du jeu de l'offre et de la demande. Ces indices sont plus connus sous la dénomination de "Cotlook A" et "Cotlook B":
- L'Indice A de Cotlook est un indice prenant en compte la moyenne des cinq cotations les plus basses des 19 origines de fibres de coton de soie moyenne (Middling 1-3/32 de pouce). Les prix s'entendent CAF contre documents à l'arrivée du bateau dans les ports d'Extrême-orient.
- L'Indice B de Cotlook est un indice prenant en compte la moyenne des trois cotations les plus basses des 9 origines de fibres de coton à soie courte négociées dans les ports européens.
De manière générale, les prix du coton fluctuent dans le temps en fonction des niveaux de l'offre et de la demande, eux- mêmes influencés par les politiques menées dans les différents pays producteurs.
De nos jours, la cotation de l’indice A est faite à partir des déclarations d’intentions des vendeurs et ou des acheteurs par téléphone/fax de vendre ou acheter à tel ou tel prix. Dès lors, elles ne correspondent pas exactement aux transactions passées. Or, cet indice se réfère à un panier de 12 origines de coton dans le monde, et le calcul se fait à partir des 5 origines dont les cotations ont été les plus faibles.
Depuis deux décennies, l’origine « coton Afrique de l’ouest » est intégrée dans ce panier de 12. Et depuis les dernières années, on constate que ce coton ouest africain fait parti des 5 utilisés pour la cotation. Et ce qui est pire, c’est que l’origine Afrique est restée le plus faiblement cotée des 5 origines. Dans la cotation l’origine « Afrique de l’Ouest » n’est pas retenue, mais le coton spécifique à chaque pays de cette région. Evidemment, ceci constitue une « indication de perte d’appellation commune », notion importante à savoir lorsqu’on va vouloir parler du « Label Coton Afrique ». Or, il n’y a pas d’acquis à ce niveau.

La chute et la volatilité des cours

De nos jours, la production mondiale de coton est caractérisée par de fortes variations entre les pays : tandis que les Etats-Unis suivent une production intensive, dans la plupart des producteurs de Pays les Moins Avancés et Pays en voie de Développement, la production du coton est basée sur la main d’œuvre familiale et locale. Par ailleurs, les deux leaders de production du coton, notamment la Chine et les Etats-Unis, en sus de l’Union européenne, subventionnent fortement leurs producteurs. De plus, les Etats-Unis, premier pays exportateur, avec 36 à 49% du marché, contribuent fortement à la fixation des prix sur le marché.
Dans les pays d’Afrique le secteur cotonnier est l’un des secteurs agricoles où les prix réels ont baissé de 45% entre 1980 et 2000 selon une étude du Fonds Monétaire International. La baisse des prix réels a fortement touché des pays en développement, traditionnellement producteur du coton, et où les recettes de l’exportation cotonnière sont essentielles.
Le cours du coton est donc non seulement caractérisé par sa chute, mais aussi par sa volatilité. Les principales raisons évoquées pour expliquer ces évolutions sont:
- L’essor des fibres synthétiques issues du pétrole: elles concurrencent le marché du coton fibre et par conséquent, entraîne une diminution de la part de marché du coton dans les fibres textiles utilisées.
- Les subventions : la production américaine se trouve artificiellement dopée par l’intervention du gouvernement fédéral, sous forme d’aides directes aux producteurs (3,5 milliards de dollars) et de subventions aux exportations (1,5 milliard de dollars) en 2005, qui représentent près de 50 % des subventions mondiales au coton. Ces aides américaines, en sus de celles de l’Union Européenne et de la Chine alimentent ainsi une chute d’année en année des cours. Cette baisse continue des prix internationaux du coton pose, à terme, le problème de la survie de toute la filière cotonnière, surtout dans les pays en voie de développement.
- Le niveau des stocks de coton : il a des conséquences sur la volatilité des cours. Ainsi, parallèlement aux subventions, les Etats-Unis et la Chine libèrent souvent des stocks importants sur le marché. Pour les Etats-Unis, la cause principale est la baisse de la consommation intérieure. De ce fait, la part de coton exportée est passée de 31 à 68% de 1988 à 2003.
- La tendance à la dépréciation du dollar par rapport à l’euro, constatée depuis 2002 est aussi un facteur pénalisant le prix payé pour la fibre de coton exportée surtout depuis la zone franc. Aussi, il faut noter que la Chine, de part le fait qu’elle soit le premier consommateur et producteur, exerce aussi une influence majeure et grandissante sur l’évolution des prix.
 

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