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Socio-économiques

15/10/2008 - Lu 3577 fois
Le coton occupe une place de choix dans l'économie du Burkina Faso. Le coton est un élément clé du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté, car permettant à près de 20% de la population de vivre directement ou indirectement de ses retombées


L’activité cotonnière constitue un pilier pour le développement socio-économique du Burkina Faso. Hormis ces impacts positifs sur les principaux indicateurs macro-économiques, sa contribution aux finances publiques, son rôle moteur de développement pour d’autres secteurs économiques, le coton à constitué et continue d’être la locomotive du développement rural, surtout au niveau des zones cotonnières du Burkina Faso.

 Des bénéfices pour les producteurs
Le développement du monde rural burkinabé passe par une amélioration des conditions de vie des populations, une amélioration de leur niveau de vie et cela à travers aussi la réalisation d’infrastructures socio-économiques de base. Ainsi, la production de coton a été très bénéfique pour les producteurs, de part :
- Une meilleure structuration du monde rural : dans les zones cotonnières, la production est gérée au sein d’un Groupement de Producteurs de Coton (GPC). Ce qui a permis aux producteurs d’apprendre à s’autogérer, de se professionnaliser et par conséquent, de mieux défendre leurs intérêts.
- Le coton est l’une des productions agricoles monétaires qui assure aux agriculteurs des revenus garantis et qui leur permet, non seulement de payer leurs coûts de production, leurs dépenses personnelles, mais aussi d’accumuler du capital (cheptel, constructions, équipements). Une des conséquences remarquables est l’émergence d’une « classe moyenne » parmi les agriculteurs. Le coton permet également une amélioration des revenus de manière indirecte : les sous-produits du coton, en particulier les tourteaux et aliments pour bétail ont contribué efficacement à l’intensification de l’élevage, qui influe particulièrement sur les revenus en milieu rural.
- Les revenus du coton ont permis une monétarisation progressive des populations rurales. Le paiement du coton est effectué en espèces et il est pour de nombreux producteurs la seule source d’argent. Cette monétarisation permet de desserrer la dépendance imposée par la production de produits de subsistance et par le troc. De plus les cultivateurs de coton ont accès au crédit agricole dans une proportion plus forte que le reste du monde paysan.
Les revenus du coton permettent aussi parfois la construction au niveau du village de magasins de stockage de céréales ou de « banques de céréales », d’où une meilleure protection et gestion de celles-ci.

Des bénéfices pour les zones rurales
Avec la culture du coton, la pauvreté a reculé dans les zones cotonnières. La pauvreté se traduit au niveau individuel par la non-satisfaction des besoins essentiels tels que l’alimentation, l’habillement et le logement. Au niveau collectif, l’absence d’environnement sécurisant, le manque d’infrastructures sociales, l’enclavement de certaines zones et la faiblesse des moyens de transport accentuent les autres causes essentielles de pauvreté que sont l’absence de facteurs naturels favorables, la famine et les épidémies. Le coton qui est la première culture de rente au Burkina Faso, contribue à la diminution de la pauvreté : l’incidence de la pauvreté pour les agriculteurs de rente a diminué de 10 points en passant de 50,1% à 42,4% entre 1994 et 1998, alors que, à titre d’exemple, sur la même période, celle des agriculteurs vivriers a augmenté de 2 points (AFD, 2004).
La culture du coton favorise la sécurité alimentaire de part un effet d’entrainement sur les céréales et autres cultures vivrières. Elle a en général un effet d’entraînement sur les autres productions, en particulier sur les céréales. Cette situation résulte principalement des revenus monétaires garantis par le coton qui permettent d’investir pour produire les vivres. Par ailleurs, la filière coton facilite l’apport d’engrais pour ces céréales, parce que celles-ci, en rotation avec le coton, bénéficient de la rémanence des 35 engrais coton. La culture céréalière bénéficie aussi de l’intensification des exploitations, induite par le « paquet technologique » appliqué au coton (FAO 2006). En effet, les producteurs de coton savent utiliser les engrais, les produits phytosanitaires, et disposent d’équipements plus importants (culture attelée). En conséquence, ils ont souvent de meilleurs rendements dans les productions vivrières que les non producteurs de coton.
Le développement de la filière joue en faveur de l’éducation et la santé. La formation des GPC et leur professionnalisation ont entraîné la mise en place d’ateliers d’alphabétisation, qui ont touché au moins 12 000 producteurs (AFD, 2004). Les taux d’alphabétisation et de scolarisation de la région des Hauts
Bassins, première région cotonnière, sont de 34,3% et de 56%. Ils sont nettement plus élevés que les moyennes nationales respectives (21,8% et 44,1%) (AFD, 2004). De plus il y a au Burkina Faso, une habitude d’investissement dans les infrastructures villageoises. Ainsi, les revenus des producteurs de coton sont souvent en partie utilisés pour la construction d’écoles, d’hôpitaux, etc.
La filière coton contribue largement au désenclavement des populations rurales.
Toutes les régions cotonnières sont traversées par au moins une voie bitumée. De plus, les sociétés cotonnières contribuent en leur manière à la construction et de rénovation de pistes en milieu rural dans les régions cotonnières respectives. Cette dynamique contribue au désenclavent de nombreuses zones rurales et peut d’une manière ou d’une autre relancer la dynamique économique.
La culture de coton a un impact positif sur le renforcement du tissu social dans les campagnes et la lutte contre l’exode rural. Les producteurs de coton, impliqués dans les organisations de producteurs, et tirant un revenu correct de leur travail, sont en général moins enclins à quitter leurs terres pour la ville. Le développement de la filière coton s’est accompagné d’un agrandissement des cellules familiales. Cet élément montre bien à la fois l’enrichissement et l’enracinement des familles cultivatrices de coton dans leur région. La culture de coton permet à des jeunes de fonder leur exploitation car elle offre la possibilité d’obtenir un crédit intrants et une sécurité des revenus. La main d’œuvre salariée s’est fortement développée, ce qui a également un impact sur la fixation des jeunes dans leurs terroirs. De plus, elle a permis une implication massive et croissante des femmes dans l’agriculture au Burkina Faso. De nos jours, avec le coton bio équitable, plus de 43% des producteurs sont des femmes (UNPC-B 2007).
 

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