
Le projet « commerce du coton équitable » a été mise en œuvre en 2003 par le groupe français Dagris et Max Havelaar avec le soutien du Ministère Français des Affaires Etrangères et le Centre pour le Développement de l’Entreprise (CDE). De nos jours ce projet concerne quatre pays : Burkina Faso, Cameroun, Mali et le Sénégal. Ce projet est intervenu dans un contexte en Afrique marqué par une crise sans précédent des filières cotonnières depuis 2000. En effet, on constate une baisse notoire des revenus des producteurs depuis cette date, en dépit de la remontée des cours en 2004. C’est donc cette baisse tendancielle des revenus, qui a motivé l’association française Max Havelaar à étendre pour la première fois ses actions sur un produit non alimentaire, en l’occurrence, le coton. Le commerce du coton sous le label équitable se fera avec les règles et principes régissant « le commerce équitable » dont l’objectif principal est de permettre aux agriculteurs d’avoir un meilleur revenu de leur coton. Sans prétendre être la panacée à la situation « inéquitable » que traversent les filières cotonnières, il permettra par contre aux producteurs de percevoir une meilleure rémunération dans des conditions de production bien précises. En d’autres termes, le commerce équitable du coton est une autre approche du commerce mondial, mais qui tient compte de l’éthique et de l’équité.
Au Burkina Faso, le projet à son initiation devait concerner toute la production du pays. Mais, finalement, les producteurs, réunis au sein de l’UNPC-B n’ont pas accepté. Du coup la stratégie s’est portée sur les régions, et comme Dagris était à la SOCOMA, dans la zone Est, le projet « Coton équitable » a donc démarré dans cette région cotonnière. L’avantage d’un tel projet est que dans ce contexte de crise cotonnière, le coton équitable procurait, comme nous l’avions sus mentionné, une meilleure rémunération aux producteurs, car acheté à un prix juste et plus élevé. De plus les produits vendus en commerce équitable ont une traçabilité. Dans le cadre donc de ce projet, c’est Max Havelaar qui sert d’intermédiaire entre les producteurs et les acheteurs.
Le projet consiste à certifier un groupement en « commerce équitable » avec des conditions particulières fondées essentiellement sur l’existence dans les groupements d’une démocratie, de transparence dans la gestion, la non discrimination, la prise en compte de l’approche genre et l’absence de travail d’enfant.
L’objectif étant de mieux organiser les groupements de producteurs de coton, de produire du coton mieux acheté, mettre à la disposition des sociétés cotonnières des groupements bien formés et bien gérés qui vont produire du coton de qualité. De manière générale, pour le cas du coton, il existe évidement des standards internationaux qu’il faut que les organisations de producteurs de coton respectent.