
Atouts
Les atouts du pays pour l’ambition d’accroissement de la chaîne de valeur ajoutée au niveau national par la transformation industrielle de la fibre sont les suivants:
- La volonté politique animée au plus haut niveau par les autorités ;
- La disponibilité de la matière première de qualité internationalement reconnue;
- L’existence d’infrastructures d’accueil adaptées pour les investissements
- L’achèvement en 2008, du processus d’interconnexion des réseaux électriques de la sous région, qui ouvrira des perspectives d’amélioration de la qualité de l’énergie et cession de l’énergie à un tarif compétitif harmonisé dans la sous région ;
- La position géographique du Burkina qui se situe au carrefour de l’Afrique de l’Ouest, où il existe un marché unifié de l’UEMOA, s’imbriquant avec le marché de l’espace CEDEAO ;
- L’éligibilité du Burkina Faso à des facilités permettant d’exporter sans droits de douane (Initiative AGOA pour l’accès au marché des Etats-Unis et initiative Tout Sauf des Armes pour l’accès au marché européen) ;
- L’existence d’accords de partenariat économiques et commerciaux (comme c’est notamment le cas avec la Turquie) ;
- L’existence d’un marché dynamique et important pour les produits finaux (Pagnes, Tee/Sweat shirts, Pantalons, Chemises, sous-vêtements, Draps de lit/housses, Boubous, Bleus de travail, Tenues administration, Uniformes Scolaire, de l’armée, de la police, de la douane, du corps médical, etc.)
Le Burkina Faso souhaiterait abriter des investissements destinés à accroître la transformation du coton produit localement. Dans ce sens, il envisage l’aménagement d’une plate- forme de transformation du coton fibre, dont l’ambition sera de s’adresser au marché local et sous régional. Cette plate-forme devrait faire du Burkina, un des principaux bassins de transformation industrielle du coton en Afrique de l’Ouest ;
Contraintes
En dépit des multiples avancées réalisées et des performances enregistrées par la filière coton du Burkina, qui lui valent d’être à plusieurs reprises citée en référence sur le plan régional et international, la culture cotonnière doit faire face à de nombreux défis pour permettre au secteur coton d’équilibrer ses comptes et améliorer sa rentabilité et sa compétitivité sur le marché mondial.
L’enjeu est d’autant plus important que, l’économie mondiale du coton est marquée par une crise qui dure depuis 3 ans et caractérisée par l’effondrement des cours du coton et un renchérissement des matières premières et des différents facteurs de production.
Parmi les nombreux défis à relever, on peut citer sans être exhaustif :
- la baisse des revenus des producteurs et la dégradation de la situation financière des GPC suite à la baisse de la rentabilité de la culture du coton ces trois dernières années conjugué à la péjoration du climat observée en 2006/07 et en 2007/08 ;
- le faible niveau d’équipement en matériel agricole qui ne permet pas aux producteurs de faire face aux difficultés d’installation de la campagne liées à la péjoration du climat, de même que le faible niveau de mécanisation des activités agricoles ;
- le faible taux d’alphabétisation des producteurs et leur faible capacité opérationnelle à gérer certaines fonctions qui leur sont dévolues ;
- Les prix élevés des engrais qui ont été multipliés pratiquement par 2 en 2 ans ;
- le contrôle de plus en plus difficile de certains ravageurs par suite d’apparition de phénomène de résistance aux pyréthrinoïdes (insecticides) ;
- la question de la gestion de la fertilité des sols ;
- la question cruciale de la sécurité foncière ;
- l’enclavement des zones de production (état de défectuosité et insuffisance pistes rurales…) engendrant des coûts de transport élevés ;
- Insuffisance des infrastructures villageoises (magasins, silos, centre de formation, etc.) ;
- le déficit commercial évalué à près de 80 milliard que les résultats financiers des 3 sociétés cotonnières ont accusé lors des trois dernières années ; un déficit qui intervient dans une situation où le fonds de lissage nouvellement mis en place n’est pas encore abondé.
- Les subventions que certains pays riches accordent à leur agriculture;
- Le taux de change Euro/dollar défavorable;
- La hausse du prix des intrants agricoles;
- L’augmentation du coût d’acheminement des balles de coton aux ports d’exportation et de redescente des intrants agricoles et autres consommations intermédiaires du fait de la hausse du prix du baril de pétrole.
Comme on le voit, la situation de la filière coton burkinabé dépeinte ci-dessus est loin d’être reluisante et nécessite :
- La mise en oeuvre urgente de mesures compensatoires pour éviter l’asphyxie de la filière compte tenu du niveau actuel de baisse des cours mondiaux ;
- La mobilisation de ressources pour le financement des actions définies dans le plan stratégique pour le développement de la filière coton :
+abondement du Fonds de Lissage ;
+développement des infrastructures rurales (pistes rurales, magasins, silos de stockage, centres de formation, etc.) ;
+appui aux exploitations cotonnières à l’équipement en matériels agricoles ;
- La poursuite des mesures de réduction des coûts de production pour les maintenir à des niveaux compatibles avec l’évolution des cours, à travers :
+poursuite des efforts dans l’amélioration de la productivité et de la qualité de la fibre ;
+la recherche d’innovation technique permettant d’améliorer la rentabilité de la culture du coton et la compétitivité de la filière.