
Contexte – justification
Le coton est l’une des rares plantes à être attaquée par environ 500 ravageurs dans le monde. Parmi ces ravageurs, les insectes occupent une place de choix avec en tête le groupe des lépidoptères dont les larves se nourrissent abondamment sur les organes du cotonnier. Ces derniers peuvent causer des dégâts estimés à environ 90% des récoltes, rendant ainsi le cotonnier fortement dépendant des traitements insecticides et autres produits chimiques pour éliminer ces ravageurs.
Au début, les traitements ont été faits avec des insecticides dont le principe actif est essentiellement tiré des pyréthrinoïdes. Ce principe actif présentait plusieurs avantages entre autre : coût faible, efficacité à faible dose, non persistante dans l’environnement. Mais au début des années quatre vingt dix, des résistances à ces pyréthrinoïdes ont apparu. Les études ont été menées pour trouver des alternatives sans pour autant faire baisser la résistance aux pyréthrinoïdes (INERA, 2007 cité par Sere et al., 2007).
C’est donc dans ce contexte de limitation d’alternatives crédibles que le Burkina Faso a opté en 2002 pour l’expérimentation du cotonnier transgénique Bt pour résoudre ce problème des ravageurs. Cette décision coïncide avec la crise que traverse la filière coton de nos jours où les revenus des producteurs sont en baisse et cela pour plusieurs raisons : baisse des rendements, augmentation des coûts de production et faiblesse des systèmes de production. Sur le plan mondial, depuis 2001, le prix du coton ne fait que chuter à cause des subventions. Ainsi, dans les pays africains comme le cas du Burkina Faso, la productivité est faible, d’où le lancement du projet WACIP (West Africa Improvement Program) de l’IFDC (International Center for soil Fertility and Agricultural Develpment) par les américains. Or un des arguments retenus en plus de la lutte contre les ravageurs, est l’augmentation des rendements. Ce deuxième argument vient renforcer la décision du Burkina de passer à l’expérimentation du coton Bt.
Les travaux théoriques et pratiques conduits au Burkina sur les OGM sont le fait de l’INERA. Cet institut a démarré ses travaux en 2003 suite à des programmes en consortium de recherche internationale sur les biotechnologies.
Depuis juillet 2008, le Burkina Faso est devenu le troisième producteur d’OGM en Afrique, après l’Afrique du Sud et l’Egypte. Début juillet l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles du Burkina (Inera) et Monsanto ont signé un accord commercial qui organise l’importation de semences destinées à être reproduites en champ.
Avantages et inconvénients du coton OGM
Avantages
- Réduction du nombre de traitements sur le cotonnier, et par conséquent baisse des quantités de produits chimiques dans l’environnement
- Rendements plus élevés (+ 30%) d’après la simulation
- Tiges avec beaucoup de capsule
- Coût de traitement (pesticides et insecticides etc.) faible
Inconvénients
- Rentable pour les grandes exploitations (or les exploitations sont de petites superficies en moyenne Burkina Faso)
- Dépendance vis-à-vis de la firme détentrice du brevet
- Risque de perte des variétés locales
- Niveau de responsabilité non précise en cas de problèmes
- Impacts environnementaux méconnus avec des données précises
- Conséquences de la cohabitation avec le bio inconnue
Source : Elaboré à partir de INERA,2007 cité par Sere et al., 2007